15.10.2006

VerSo N°4 : Les cours de Maternelle de Verneuil sur Seine

medium_ecole-250.jpgLes cours de Maternelle de Verneuil sur Seine :
« l'art du bitume brut ».

Partant à la recherche d'une aire de jeux ou d'un square municipal pour nos enfants en bas âge, que ne fût pas ma surprise de n'en découvrir aucun dans toute la ville de Verneuil.

« Peu importe », me dis-je, « ils joueront sur ceux de la maternelle quand ils seront scolarisés. »

Mais de jeux, là non plus, aucun équipement ... Nos cours de maternelles se résument à une dalle de bitume plus ou moins recouverte de sable venant de bacs non protégés et d'un traçage au sol devant permettre quelques activités ludiques.

Nous ne pouvons que regretter cette volonté affichée de ne pas vouloir investir dans l'aspect « ludo-éducatif » de ces espaces de détentes que nos enfants fréquentent tout de même tous les jours d'école.

Mais nous pouvons également regretter de ne voir aucun préau ou de véritable zone couverte pour les jours de pluie ou de grand soleil. L'exemple le plus saisissant est certainement la cour de la maternelle Françoise Dolto.

Elle est significative pour deux raisons principale : Elle est "cour d'école" et elle est également, "cour de centre de loisirs maternelle" ... C'est à dire qu'elle est utilisée tout au long de l'année par nos chères têtes blondes.

Elle se résume à une grande zone mi-bitume, mi-sable plein sud, avec deux malheureux arbres, trop jeune pour fournir une ombre suffisante. Bien sûr, il n'y a aucun jeu, juste un vague bateau stylisé au cœur du bac à sable. Sable qui d'ailleurs, s'est répandu sur le peu de végétation alentour et sur le bitume, et qui est, soit disant, désinfecté chaque année. Mais il est plus fréquenté par les chats et autres rongeurs du voisinage que par nos enfants.

En plein été, cette cour se transforme en véritable fournaise et les jours de pluie, les enfants sont confinés à l'intérieur puisqu'il n'y existe aucune zone abrité.

Des demandes d'aménagement sont régulièrement formulées, mais elles sont systématiquement repoussées. La mairie n'aurait pas d'argent à investir dans les cours de maternelle.

Nous avons la chance de vivre dans une région pas trop abîmée encore. Alors pourquoi nos enfants doivent-ils avoir des espaces scolaires pires que les cours d'écoles parisiennes ? Certains ronds-points automobiles dans Verneuil sont mieux équipés que nos cours de maternelle.

VerSo N°4 : Edito

medium_Verneuil.jpgIl est plus facile de stigmatiser les magistrats comme l’a fait Nicolas Sarkozy, que de mener une réflexion sur la justice et les ressources dont elle dispose pour mener à bien sa mission. Et dans de nombreux domaines qui relèvent des fonctions régaliennes de l’Etat, chacun d’entre nous a pu constater le manque d’efficacité faute de moyens humains et financiers. Pourtant de nombreuses fois le signal d’alarme a été tiré. Même dans la police- malgré les effets d’annonce de  Sarkozy promettant plus de policiers- la situation est tendue.

 

On aurait pu penser que dans ce contexte, l’excédent de 5 milliards d’euros dégagé par l’impôt sur le revenu servirait à  répondre aux attentes des professionnels et des usagers dans des domaines tels que la santé, l’éducation nationale. Mais le choix du gouvernement avec cet excédent est de renflouer la dette .Autant dire qu’il existe un vrai problème de redistribution. Comment ne pas faire le parallèle avec Verneuil. En effet la situation financière de la ville n’a-t-elle pas été présentée comme des plus catastrophiques au point de risquer la mise sous tutelle ? Pourtant même la cour des comptes n’a pas validé cette position. En revanche cette présentation a permis de justifier une forte hausse des impôts locaux. Et pour quoi ? Pas d’amélioration des services rendus à la population. Et lorsqu’il s’agit de réhabiliter les écoles publiques (en dehors du ravalement des façades largement subventionné par la Dotation de Solidarité Urbaine), on répond qu’il n’y a pas d’argent. En revanche pas de problème pour trouver l’argent afin de financer un spectacle son et lumière dont le déficit est prévu à hauteur de 50 000 euros. Certes ce fut un bon moment pour les bénévoles et les spectateurs mais était-ce vraiment une priorité alors qu’on ne cesse de demander aux Vernoliens de se serrer la ceinture. Là encore il existe un problème de redistribution

05.06.2006

VerSo N°4 : Quelques brèves

Le 3 mai, M. le maire réunissait les habitants du quartier de la gare et du centre ville pour, avait-il écrit dans sa lettre d'invitation, renouer avec la pratique des réunions de quartier qui ne se tenaient plus depuis deux ans. Tiens donc ! Pourquoi ce retour de flamme ! La campagne pour 2008 est-elle lancée ?
Ou bien y a t’il  urgence ?  Comme celle peut-être d'inciter les Vernoliens à prendre leur place pour les 2 et 3 juin ? Sans doute un peu puisque ce fut l'occasion pour le maire de conclure la réunion en souhaitant tous nous voir au  grand son et lumière de Verneuil. Dans son château, certes privé nous a-t-il dit, mais   « qui ne l'a pas toujours été » et  qui « ne le sera peut-être pas toujours » .   La municipalité a t’elle l'intention d'en faire l'achat ? Nous voici rassurés !

 

La circulation en centre ville vous préoccupe ? Hélas, ne comptez pas sur votre municipalité  pour y remédier ! M. le Maire ne peut rien faire ! C'est du moins ce qui ressort de son dialogue avec les habitants du quartier ce 3 mai.
Les voitures en double ou triple file aux entrées et sorties de l'Ecole Notre Dame? Rien à faire : c’est un manque de civisme des conducteurs.
Mettre des ralentisseurs dans la grande rue entre le      « Blue not » et Vernouillet ?  Le maire ne peut rien car cela coûte cher et les riverains se plaindraient vite du bruit.
Alors, peut-être, au moins remettre les panneaux de limitation de vitesse à 30 km/heure dans cette même portion de rue ? N'y comptez pas : il paraît que les panneaux sont souvent volés et qu’il en  coûte 10 000 euros par an à la commune de les remplacer.  Or comme chacun sait, la commune est  pauvre.
Pauvre ? …..Pas pour tout  semble t’il                            c !!!  Comme l'a rappelé l'un des  présents de la réunion du 3 mai : gérer une commune, ce n'est  pas tout faire certes, mais c'est au moins faire des choix. Nous n'aurions pas, nous, choisi le son et lumière.

VerSo N°4 : Et Vous, avez-vous pris vos places ?

            Les 2 et 3 juin prochains, lors du week-end de Pentecôte, Verneuil va connaître un événement exceptionnel. Un spectacle son et lumière : « Sous les aulnes du Roy, racontez-moi Verneuil ». Versailles en quelque sorte.
Depuis quelques temps, des affiches fleurissent donc sur les murs voire les fenêtres de particuliers, des dames parées de beaux atours se promènent au marché le dimanche, un film publicitaire s’insinue au cinéma Béjart. Et si vous voulez en savoir plus, il vous reste le site internet qui lui a été spécifiquement voué. De quoi témoigner et de l’ampleur du projet et encore plus de l’ampleur des enjeux pour la majorité municipale qui organise ce spectacle.
           
Si un tel projet peut être tout à fait concevable, il n'en est pas moins vrai que, dans sa forme actuelle, plusieurs éléments nous choquent :
Ø      Un projet établi pour les Vernoliens nous dit la municipalité. Pourtant aucune concertation avec la population et notamment celle du quartier concerné. Pourtant un projet qui n’a été soumis à la décision du conseil municipal qu’une fois bouclé. Pourtant un prix de place de 18 euros pour les Vernoliens comme pour les extérieurs et qui risque d’exclure un certain nombre d’habitants de notre ville.
Ø      Un projet décidé pour les Vernoliens sans implication des écoles ni des centres de loisirs ?

Ø      Un projet pharaonique d'un budget total de 160 000 euros pour lequel le déficit  prévu dès le départ était de 30 à 45 000 euros (mais sera sans doute supérieur puisque les subventions espérées n'arrivent pas et que les 3000 spectateurs attendus ne seront peut-être pas au rendez-vous). N’est-ce pas en contradiction totale  avec le fait que la majorité municipale ne cesse de s’excuser de ne pouvoir offrir aucun service supplémentaire à la population tant Verneuil est une ville … pauvre.

Ø    Un projet enfin où, sous prétexte de raconter Verneuil, des fonds publics issus de vos impôts vont  mettre en valeur le château de Verneuil qui, rappelons-le, est un bien privé   (propriété de la congrégation religieuse qui gère l’école Notre Dame).
Les Vernoliens n'auraient-ils pas préféré conserver les manèges de la fête de Verneuil
(supprimés en raison des problèmes de sécurité que cela pourrait engendrer dans le centre ville) ou garder l'argent de leurs impôts pour améliorer leur vie au quotidien dans leur ville ?
Quel doit être le rôle des élus ?    

Où s'arrêteront les caprices du prince ?

VerSo N°4 : Edito

 Verneuil, ville pauvre et pourtant……

En offrant aux Vernoliens un spectacle digne d’un prince, la municipalité n’en est plus à sa première contradiction mais tout de même……
Il ne s’agit pas pour nous de remettre en cause l’engagement sincère des responsables, élus ou personnels techniques, qui concourent à ce projet et encore moins de négliger l’enthousiasme des habitants de la ville qui permettront  par leur participation bénévole de faire briller le château de Verneuil. Il s’agit de dénoncer une attitude pour le moins ambiguë : d’un côté maintenir un taux fort d’imposition sans le développement de services nouveaux à la population, et de l’autre, engager des dépenses énormes pour une opération grandiose dont ni Verneuil, ni les Vernoliens n’avaient un besoin prioritaire. D’autant que le cadre culturel général dans lequel ce projet s’insère n’est pas clairement défini.
On ne voit pas quel intérêt notre ville pourra y trouver  surtout au regard du montant colossal engagé alors même qu’on ne cesse de nous répéter que notre ville est considérée comme une ville pauvre. Un tel montant aurait sans doute permis de mettre en place quantité d’actions envers des associations ou dans des services à la population, au moins autant facteur de lien social et de mieux vivre ensemble que ce projet puisqu’il semble que ce sont les objectifs principaux de ce spectacle.

Muriel Condolf

14.05.2006

VerSo n°3 : Retour sur une politique

Une large partie de la jeunesse et des salariés se sont  mobilisés face au CPE et plus largement face à la politique telle qu’elle est menée depuis près de 4 ans dans ce pays. Car ne nous y trompons pas le CPE est en effet un symbole.
Symbole d’une précarité que l’on demande toujours aux même c'est-à-dire aux plus faibles.
Alors le gouvernement et M. De Villepin nous expliquent que le monde a changé et qu’aujourd’hui la jeunesse est conservatrice, qu’elle refuse de voir le monde dans lequel elle vit et que les perspectives d’avenir qu’il a pu avoir, nous, nous n’y aurons pas droit.
Le monde a changé ? Notre génération est née avec la crise et la mondialisation, ceux qui ont 20 ans aujourd’hui sont nés en 1985, ils connaissent ce monde qui pour eux n’a pas changé et est toujours le même.
Conservatrice la jeunesse ? Comment M. De Villepin fait-il pour le savoir puisqu’il a refusé toute négociation, sait-il ce que veut la jeunesse lui qui n’a jamais quitté les ambassades et palais de la République ? Nous savons très bien que nous n’aurons pas un emploi à vie, nous savons très bien que nous devrons être mobiles.
Ce que nous refusons c’est d’être traité comme une simple variable d’ajustement d’un marché où il serait plus facile de se séparer d’un jeune que du contrat de location d’une machine. Un comble !
Ce que nous refusons ce n’est pas l’adaptation de notre modèle social mais un modèle social qui n’en serait pas un. M. De Villepin nous parle du modèle danois qui lui serait flexible. Ce qu’il oublie de préciser c’est que cette flexibilité a des contreparties : après un licenciement le salarié perçoit 90% de son salaire pendant 4 ans et reçoit une formation. Car c’est bien là le mal, la formation. En France elle est largement déficiente avec 150 000 jeunes qui sortent tous les ans sans qualification de notre système éducatif. Cette situation couplée à une croissance atone qui est rappelons le, le seul moyen de créer des emplois durables
On le voit ce qui manque c’est une vraie politique économique et éducative et non pas la suppression d’un pan entier du Code du Travail, décidée un beau matin pour faire plaisir au MEDEF
Cette « politique de la jeunesse » clientéliste et du coup par coup n’est malheureusement pas l’apanage de notre gouvernement. Que dire de la « politique » menée par l’actuelle Mairie pour la jeunesse.
Reconnaissons lui la construction (enfin) du skate-park réclamé depuis près de 10 ans. Mais sinon que fait-on pour la jeunesse dans cette ville ?? Quelle possibilité pour les jeunes « non-skateurs » de faire quelque chose ? A titre d’exemple tous les lieux pour jouer au football sont soit supprimés (coulée verte…) soit interdits d’accès.

Il ne serait pourtant ni difficile ni coûteux d’organiser diverses manifestations sportives pour réunir tous les jeunes de la ville (tournois,…)  ou installer quelques jeux pour les tous petits.
Quelle politique citoyenne pour la jeunesse ? Alors qu’il y a de multiples occasions d’impliquer la jeunesse dans la vie de Verneuil, on préfère la laisser traîner  dans les rues jusqu'à ce qu’elle puisse trouver un travail hors de Verneuil et quitter la ville puisqu’il n’y a sur Verneuil rien de fait pour loger les jeunes célibataires et les jeunes couples.
Ici comme au gouvernement il faut donc qu’une minorité influente réclame pour avoir. Ceci se fait au mépris d’un vraie politique à long terme qui elle seule permet d’obtenir des résultats, non pas simplement pour la jeunesse de Verneuil mais pour Verneuil dans son ensemble.


 

VerSo n°3 : édito

La crise que vient de traverser notre pays à propos du Contrat Première Embauche a montré une fois de plus le rejet du libéralisme.
Car ne nous y trompons pas, le CPE comme le Contrat Nouvelle Embauche, sous couvert de répondre au chômage des jeunes est avant tout une bataille idéologique dont l’un des objectifs non affiché est de porter atteinte au contrat de travail. Et la convergence des jeunes et du monde salarié a révélé que les Français ne sont pas dupes. Il est trop facile d’argumenter que les Français sont contre les réformes. C’est bien pour un monde plus juste et plus protecteur qu’ils se sont  fortement mobilisés.
Notre pays connaît depuis plusieurs décennies un chômage de masse. Toutes les catégories sont touchées : les jeunes, les vieux, les moins qualifiés comme les  plus qualifiés. Il ne s’agit pas pour lutter contre le chômage  d’opposer les uns aux autres par des mesures spécifiques pour telle ou telle catégorie - le CPE pour les jeunes, des mesures pour les vieux…. .
Au-delà de mettre en place des mesures pour lutter contre le chômage de masse, il faut promouvoir un projet de société pour le mieux vivre ensemble dans lequel jeunes et moins jeunes peuvent trouver leur place.
C’est la même chose au niveau de la ville. Un projet de ville doit se concevoir au regard de l’ensemble de la population. Un bon projet ne se contente pas de répondre par des mesures clientélistes en faveur de telle ou telle frange de la population. Il doit s’appuyer sur une vision globale dans laquelle toutes les politiques déclinées – politique associative pour la jeunesse, pour les moins jeunes- se pensent en transversal.Il doit être le fruit d’une politique volontariste de collaboration entre tous les acteurs de la ville. C’est à cette seule condition que chacun trouvera sa place.
Muriel Condolf